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Maison BBC, passive, à énergie positive ?

Maison BBC, passive, à énergie positive, RT2012, 2018, 2020 ?

Vous envisagez de faire construire, vous voulez acheter un appartement ou une maison, vous êtes sensible à l’avenir de la planète ou vous en avez marre d’entendre parler de tout ça sans savoir à quoi ça correspond vraiment ? Alors vous êtes au bon endroit !

Une fois n’est pas coutume, il y a beaucoup de choses à dire, donc l’article est un peu long… mais je l’espère intéressant ?!

Un peu d’histoire…

De tout temps, les hommes ont cherché à se protéger des aléas météorologiques. Grottes, huttes en bois, igloos et autres ont suivi l’évolution humaine, et les constructions en « dur » se sont épanouies avec la sédentarité.

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Pour prendre l’exemple français, suivant les époques, on a cherché à rendre les bâtiments plus sécurisants (murs épais, petites ouvertures…), beaux (vitraux, sculptures…), plus résistants au feu (utilisation de la pierre au lieu du bois)….

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Mais le confort thermique appliqué au bâtiment est arrivé tard dans les préoccupations des bâtisseurs. Jusqu’au début du XX° siècle, une grande partie de la population vivait à la campagne. Pour certains, les étables étaient près des pièces de vie pour profiter de la chaleur animale, tandis que pour d’autres, les cheminées puis le chauffage au charbon ou au gaz réchauffaient l’atmosphère.

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Les réglementations thermiques, un effet secondaire de la révolution industrielle et des chocs pétroliers

Avec l’évolution de la vie (de plus en plus de citadins), et du confort (arrivée des salles de bains dans les maisons ou appartements, l’eau courante et le chauffage central), la consommation d’énergie augmente. L’évolution des techniques et l’apparition de matières préfabriquées changent les modes de consommation et de fabrication. Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 et l’absence de ressources pétrolières en France poussent enfin les gouvernements successifs à se pencher sur le problème.

La première réglementation thermique de 1974 posait la première pierre d’un système de calcul qui perdure encore aujourd’hui. Depuis cette date, il y a eu des évolutions régulières de la réglementation.

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Depuis la RT (Réglementation Thermique) 2000, les minimas d’isolation imposés s’accompagnent de performances imposées pour les équipements techniques (chauffage, ventilation et production d’eau chaude sanitaire), avec un calcul complet par bâtiment avec des indicateurs de référence théoriques. La RT2005 qui a suivi est allée plus loin, avec des labels attribués à des bâtiments de performance supérieure à la RT2005. Parmi ces labels qui sont restés dans l’ensemble peu connus du grand public (HPE, THPE), se trouvait le « fameux » label BBC qui est lui sorti du lot.

De la maison BBC à la maison à énergie positive

Le label BBC (pour Bâtiment Basse Consommation) était un label avec des exigences de performances de matériel, et surtout un résultat de calculs thermiques bien en dessous du standard RT2005.

Pourquoi ce label a-t-il été plus connu ? Pas par son succès très relatif, mais parce que les fabricants de matériaux et matériels ont surfé sur cette vague pour promouvoir leurs produits. C’est ainsi qu’on a trouvé des briques BBC, des menuiseries BBC, des chauffe-eau BBC… ce qui est un raccourci dangereux et a parfois généré des incompréhensions entre un client qui avait budgété des briques BBC et le bureau d’études dont les calculs n’étaient pas conformes.

La méthode de calcul intègre de nombreuses données, avec une possibilité de compensation cadrée entre bâti et équipements techniques. Donc il était impossible d’avoir un résultat conforme à 100% avec un seul élément très performant si le reste était aux minimas demandés.

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Lorsqu’elle a pris la suite de la RT2005, la RT 2012 demandait un niveau de performance à peu près équivalent au label BBC, avec cependant quelques évolutions de taille : énergies renouvelables imposées pour les maisons individuelles, et obligation de fournir un certificat de prise en compte de la réglementation au moment du dépôt du permis de construire… Manque de préparation et d’information, les débuts ont été chaotiques

La RT2012 était bien entendu accompagnée de labels de performance, comme la RT2018/2020.

Depuis 1974, et jusqu’à aujourd’hui, les réglementations thermiques en France ont toujours été construites dans le même objectif et sur le même modèle en 3 points : mieux isoler le bâtiment, avoir des équipements techniques performants et respecter un calcul de consommation théorique très complexe. L’étape suivante intégrée à la RT2018-2020 consiste à atteindre le niveau d’énergie positive.

Késako ? Les bâtiments neufs devront avoir des équipements de production d’énergie qui produiront plus que la consommation théorique du bâtiment (solaire thermique ou photovoltaïque, éolienne, pompe à chaleur…).

Vous pourriez me dire que c’est très bien, et vous n’auriez pas tort. L’idée est louable, mais à mon avis la méthode est discutable. Sur le modèle en 3 points, je suis convaincue par les 2 premiers (augmenter l’isolation et des équipements techniques performants). Pour le 3° (méthode de calcul théorique)…. beaucoup moins !

Pour faire un parallèle accessible : imaginez que vous prépariez une recette de cuisine avec 50 ingrédients, certains en grande quantité (500g de farine) et d’autres beaucoup moins (0.5g de piment), et que la seule vérification soit l’aspect visuel de la recette finie… C’est ce qui se passe avec la méthode de calcul théorique… sans compter qu’en France, dans 80% des cas, on considère encore que le « technique » doit rattraper les défaillances « architecturales ».

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Alors continuer sur le même principe me laisse dubitative… tout comme encourager la voiture électrique alors qu’on décourage le chauffage électrique pour de petits logements neufs très bien isolés, où ce serait une solution économique !

La maison passive

Ce mode de construction, encore confidentiel en France, est très répondu en Allemagne et en Autriche par exemple.

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Quelles différences avec les réglementations françaises ?

Une méthode de calcul simple (classeur excel), et définie à partir de relevés et observations sur le terrain. Des exigences d’isolation bien plus performantes (une moyenne de 30cm d’isolant en plancher, murs et plafond est courant pour les bâtiments passifs). Une exigence de résultats vérifiée en chantier : il ne suffit pas de dire qu’on construit une maison sans ponts thermiques, il faut travailler en coordination avec tous les corps d’état à chaque étape et compléter un dossier de suivi avec photos et détails de construction.

En résumé, une philosophie très éloignée des RT françaises : avoir un bâti le plus performant possible (isolation thermique et à l’air maximale sur tous les points, pas de ponts thermiques, un éclairage naturel de qualité) et des équipements techniques qui viennent compléter. Le standard maison passive est défini par une maison qui n’a pas besoin d’un système de chauffage indépendant, tant ses besoins sont minimes.

Un bâtiment passif performant nécessite dès le début du projet un véritable travail d’équipe entre le client, l’architecte, les bureaux d’études, puis les entreprises le plus tôt possible.

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C’est en mettant en commun toutes les compétences et toutes les contraintes qu’on aboutit au meilleur résultat (et ça c’est vrai pour tous types de projets 🙂).

 

Aparté sur les bâtiments existants

Depuis une dizaine d’années, il y a une RT bâtiments existants. Elle impose des garde fous lorsqu’on met en place (ou remplace) une isolation ou des équipements techniques.

Elle a le mérite d’exister, mais à mon avis elle ne va pas assez loin…car il est utopique de penser qu’on va diminuer significativement notre impact sur l’environnement en agissant uniquement sur les bâtiments neufs, alors que la majorité des consommations d’énergie des bâtiments est due aux passoires thermiques existantes (logement, bâtiments tertiaires et industriels).

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Quand aux diagnostics de performance énergétiques (DPE)… Bien réalisés, avec une visite sur place, un recueil d’informations et un logiciel qui permet d’entrer de valeurs personnalisées, ils donnent une bonne indication sur l’isolation du bâtiment. Cependant, les valeurs sont données en énergie primaire, ce qui correspond à l’énergie produite et non pas à l’énergie consommée (il y a des pertes de distribution dans les réseaux, surtout pour l’électricité). Attention donc à la lecture, un bâtiment avec la même isolation peut être en classe énergétique B avec un chauffage gaz ou pompe à chaleur et en classe énergétique D s’il a un chauffage électrique.

Mais s’il y a une chose à retenir, c’est qu’un bâtiment au-delà de la classe E (soit F, G) n’est pas isolé et vous coûtera cher en chauffage pour un confort pas forcément à la hauteur.

La classe D ou E est acceptable pour un chauffage électrique (isolation correcte sans plus) mais pour un chauffage gaz, PAC, poêle à bois, ça veut dire que l’isolation est insuffisante. A partir de la classe C et en dessous, on commence à avoir un bâtiment un minimum isolé… Pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serre (GES), l’électricité (majoritairement nucléaire en France) est bien notée sur les DPE… quand on connaît le problème des déchets nucléaires, on peut se poser la question de l’impact écologique….

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Une dernière remarque pour l’achat de bâtiments anciens… ne comptez pas sur les agences immobilières pour vous donner des informations valables sur l’isolation thermique des maisons qu’ils ont en vente. Il y a 2 raisons à ça : ils ne sont pas formés à ce sujet, et d’autre part, leur parc est constitué d’une majorité de maisons (ou appartements) anciens non (ou peu) isolés, et s’ils parlent de ceux qui sont très bien isolés, cela dévalorise le reste de leur catalogue

En conclusion

Pourquoi parler d’isolation ? Parce que plus un bâtiment est isolé, et moins il consomme d’énergie. Ce qui induit que le coût de l’énergie (et son augmentation) n’ont que peu d’impact sur le budget des occupants. Et qu’on peut alors envisager beaucoup plus facilement les productions d’énergies alternatives, non polluantes, non dangereuses pour la santé, et durables

Est-ce que ça se voit que j’ai été convaincue par le mode de réflexion qui accompagne les bâtiments passifs ?

J’espère que cet article vous aura aidé à comprendre un peu mieux les mécanismes et les enjeux des réglementations thermiques. Dites moi dans les commentaires si ça vous a plu (ou pas !) :-).

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Crédits photo : Pixabay (sauf indications contraires dans l’article)

*Les bâtiments construite en France doivent respecter les réglementations en vigueur (notamment les RT) en plus des critères passifs. 

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